Qu’est-ce que le système d’entrée/sortie (EES) ?
Le système d’entrée/sortie (EES) est le système informatique automatisé de l’Union européenne qui enregistre les voyageurs non européens à chaque fois qu’ils franchissent une frontière extérieure de l’espace Schengen. Son déploiement progressif a débuté le 12 octobre 2025 et le système est aujourd’hui en service, son installation s’achevant sur les derniers points de passage au cours de l’année 2026. À la place du traditionnel cachet à l’encre, l’EES crée un enregistrement numérique de votre identité, de la date et du lieu de votre entrée en Europe, et de la date et du lieu de votre sortie.
C’est le plus grand bouleversement qu’aient connu les frontières européennes depuis des décennies — et l’un des plus mal compris. Soyons donc précis sur ce que l’EES n’est pas : ce n’est ni un visa, ni une autorisation de voyage, ni une démarche que vous pourriez effectuer, enregistrer ou payer à l’avance. Il n’existe aucun formulaire EES, aucun frais EES et aucun site EES destiné aux voyageurs. L’enregistrement se fait pour vous, à la frontière, automatiquement. Tout site qui propose de vous « inscrire à l’EES » contre paiement vend quelque chose qui n’existe pas.
Ce qui a changé à la frontière en octobre 2025
Avant l’EES, un garde-frontière apposait un cachet sur votre passeport à l’entrée et à la sortie, et votre durée de séjour autorisée se calculait — imparfaitement — à partir de ces cachets. Encre effacée, cachets oubliés, pages de passeport saturées : l’ancien système fuyait dans les deux sens. Des voyageurs de bonne foi étaient parfois interrogés à cause d’un cachet qui n’avait jamais été apposé, tandis que des dépassements de la durée de séjour passaient totalement inaperçus. Depuis le 12 octobre 2025, ce processus manuel est progressivement remplacé par un enregistrement biométrique.
Votre premier passage : l’enregistrement biométrique
La première fois que vous franchissez une frontière extérieure de l’espace Schengen sous le régime de l’EES, vous êtes enrôlé dans le système. Votre passeport est scanné, et le système enregistre votre nom et les données de votre document de voyage, vos empreintes digitales, une image faciale, ainsi que la date et le lieu de votre entrée. Selon le point de passage, cela se déroule à une borne en libre-service, au guichet face à un garde-frontière, ou les deux. Cet enrôlement ajoute quelques minutes par voyageur — d’où des files d’attente nettement plus longues aux heures de pointe dans les grands aéroports et aux frontières terrestres pendant le déploiement.
Tous les passages suivants : plus rapides
Une fois enrôlé, vos passages suivants relèvent de la vérification et non plus de l’enregistrement : le système vous rapproche de votre dossier existant et consigne la nouvelle entrée ou sortie. Ce contrôle est en général plus rapide que ne l’a jamais été l’apposition manuelle d’un cachet, et votre dossier reste conservé (dans la plupart des cas pendant trois ans) : les voyageurs fréquents ne repassent donc pas par un enrôlement complet à chaque séjour.
Fini les cachets sur le passeport
Avec l’EES, votre passeport n’est plus tamponné aux frontières extérieures de l’espace Schengen. C’est désormais l’enregistrement numérique qui fait foi pour vos entrées et vos sorties — et cela compte, car il fait aussi foi pour le décompte de vos jours passés dans l’espace Schengen.
Qui est concerné par l’EES
L’EES s’applique aux ressortissants non européens qui entrent dans l’espace Schengen pour un court séjour — jusqu’à 90 jours sur toute période de 180 jours. Cela recouvre les deux catégories de voyageurs en court séjour :
- Les voyageurs dispensés de visa — Américains, Britanniques, Canadiens, Australiens, Japonais et autres ressortissants exemptés de visa.
- Les titulaires d’un visa Schengen de court séjour — les voyageurs à qui un visa était nécessaire pour le même type de voyage.
Les citoyens de l’UE et des pays Schengen ne sont pas enregistrés dans l’EES, pas plus que les ressortissants non européens titulaires d’un titre de séjour ou d’un visa de long séjour délivré par un pays Schengen : leur séjour est régi par ces documents. Si vous ne savez pas dans quelle catégorie se situe votre voyage, notre vérificateur d’obligation de visa vous répond en quelques secondes.
Les dépassements de la durée de séjour sont désormais détectés automatiquement
C’est le changement qui a du mordant. Avec les cachets, un dépassement devait être repéré par un agent occupé à faire des calculs de dates dans la file d’attente. Avec l’EES, le système calcule lui-même vos jours restants et identifie automatiquement les voyageurs qui dépassent la limite des 90/180. Un dépassement enregistré dans l’EES est visible à toutes les frontières extérieures de l’espace Schengen — pas seulement à celle où il a été constaté — et peut entraîner des amendes, un éloignement, une interdiction d’entrée et des questions bien plus serrées à chacun de vos voyages suivants. Il pourrait aussi peser contre vous lorsque les demandes ETIAS finiront par ouvrir, puisque ce système s’appuiera sur les mêmes données.
Conséquence pratique : la règle des 90/180 n’a pas changé, mais la marge d’erreur dans le décompte, elle, a disparu. Si vos voyages sont fréquents ou s’enchaînent, comptez vos jours au plus juste avec notre calculateur Schengen 90/180 gratuit avant de réserver.
EES ou ETIAS : le système en service et l’obligation à venir
L’EES et l’ETIAS sont annoncés ensemble si souvent qu’ils finissent par se confondre — pourtant ce sont deux systèmes distincts, qui remplissent des rôles distincts, à des moments distincts :
- L’EES est en service dès maintenant. Il agit à la frontière physique, vous enregistre automatiquement, et il n’y a rien à demander ni rien à payer.
- L’ETIAS est une obligation à venir. Ce sera une autorisation de voyage à obtenir en ligne avant le départ (20 €, valable trois ans) pour les voyageurs dispensés de visa — mais il n’est pas encore ouvert, et l’UE ne publie à ce jour aucune date de lancement : elle indique seulement qu’il démarrera après l’EES et que la date sera annoncée plusieurs mois à l’avance.
Cette distinction est aussi votre meilleur filtre anti-arnaque : personne ne peut vous enregistrer à l’avance dans l’EES, et personne — aucun site, aucune agence, et nous pas davantage — ne peut déposer une demande ETIAS aujourd’hui, tout simplement parce que le système n’en accepte aucune.
Ce que les voyageurs doivent réellement faire
Il n’y a aucune démarche à effectuer — mais l’EES relève discrètement le niveau d’exigence sur les fondamentaux :
- Vérifiez votre passeport, pas seulement votre billet. Pour entrer dans l’espace Schengen, votre passeport doit avoir été délivré depuis moins de 10 ans et rester valable au moins trois mois après la date à laquelle vous prévoyez de repartir. Passez le vôtre dans notre vérificateur de validité de passeport avant de réserver.
- Comptez vos jours Schengen au jour près. Vos entrées et vos sorties étant consignées au jour près, la règle des 90/180 s’applique elle aussi au jour près. Utilisez le calculateur si vous vous rendez en Europe plus d’une ou deux fois par an.
- Prévoyez du temps supplémentaire pour votre première arrivée sous l’EES. L’enrôlement biométrique prend quelques minutes, pas des heures — mais dans un grand hub aéroportuaire en haute saison, quelques minutes par voyageur, cela s’additionne vite.
- Ignorez quiconque vous vend l’EES. Il n’existe ni demande, ni frais, ni liste d’attente, ni préinscription EES — point final.
Charta Visa est un service privé indépendant, et non un site gouvernemental. Nous accompagnons les voyageurs pour les autorisations qui exigent réellement une demande — comme l’ESTA américain et l’UK ETA — et nous développons des outils gratuits autour des règles ci-dessus. L’EES, lui, ne vous demande rien de plus qu’un passeport valide et un décompte honnête de vos jours ; simplement, ce décompte est désormais tenu par un ordinateur qui, lui, n’oublie jamais rien.
Questions fréquentes
Dois-je faire une demande d’EES à l’avance ?
Non. Il n’existe aucune demande, aucun formulaire, aucun frais ni aucune préinscription EES — pour personne. L’enregistrement se fait automatiquement à la frontière lors de votre premier passage ; tout site qui vend un enregistrement EES est une arnaque.
L’EES tamponne-t-il mon passeport ?
Non. L’EES remplace le tampon manuel du passeport aux frontières extérieures de l’espace Schengen. Vos entrées et vos sorties sont enregistrées numériquement, et c’est cet enregistrement — et non les cachets — qui fait désormais foi pour le décompte de vos jours en Europe.
Quelles données l’EES collecte-t-il ?
Votre nom et les données de votre document de voyage, vos données biométriques (empreintes digitales et image faciale), ainsi que la date et le lieu de chaque entrée et de chaque sortie.
L’EES remplace-t-il l’ETIAS ?
Non — ce sont deux systèmes distincts. L’EES est en service dès aujourd’hui et enregistre vos passages à la frontière. L’ETIAS sera une autorisation en ligne à obtenir avant le voyage : il n’est pas encore ouvert, et l’UE ne publie à ce jour aucune date de lancement.
L’EES va-t-il ralentir le passage à la frontière ?
Votre premier passage prend plus de temps, le temps d’enrôler vos données biométriques, et les points de passage très fréquentés ont connu des files plus longues pendant le déploiement. Une fois enrôlé, les passages suivants se limitent à une vérification rapide — en général plus rapide que ne l’était l’apposition d’un cachet.
Que se passe-t-il si je dépasse la durée de séjour autorisée sous l’EES ?
Le système calcule vos jours automatiquement et signale les dépassements sans qu’un agent ait besoin de les remarquer. Un dépassement est visible à toutes les frontières extérieures de l’espace Schengen et peut entraîner des amendes, une interdiction d’entrée et des difficultés lors de vos prochains voyages.
