Une seule question, cinq réponses possibles
À mesure que les frontières se numérisent, « ai-je besoin d’un visa ? » est devenu « quelle autorisation me faut-il — et s’agit-il seulement d’un visa ? ». Pour voyager vers l’Occident, cinq dispositifs comptent désormais : l’ESTA américain, le visa visiteur américain B1/B2, l’UK ETA, l’ETIAS européen et l’eTA canadienne. Celui qui vous concerne dépend de deux choses exactement : votre nationalité et votre destination. Ce guide les passe tous les cinq en revue en langage clair — mais si vous voulez simplement la réponse, notre vérificateur de visa gratuit vous dit en quelques secondes ce qu’exigent votre passeport et votre destination.
Les cinq options, une par une
ESTA — les États-Unis, pour les ressortissants du programme d’exemption de visa
Pour qui : les citoyens de la quarantaine de pays du programme d’exemption de visa (Visa Waiver Program) — la majeure partie de l’UE, le Royaume-Uni, le Japon, la Corée du Sud, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, Singapour et d’autres — qui se rendent aux États-Unis pour du tourisme, des affaires ou un transit.
Frais et validité : 40 $ US, valable deux ans (ou jusqu’à l’expiration de votre passeport), entrées multiples, séjours de 90 jours maximum. Demande en ligne ; la plupart des approbations arrivent dans la journée, prévoyez donc au moins 72 heures. Tous les détails dans notre guide de l’ESTA.
Visa visiteur B1/B2 — les États-Unis, pour tous les autres
C’est la voie que la plupart des comparatifs oublient, et elle concerne la majorité des voyageurs de la planète : si votre passeport ne relève pas du programme d’exemption de visa, aucun ESTA n’existe pour vous. Les citoyens de l’Inde, de la Chine, du Brésil, du Mexique, des Philippines, du Nigeria et de la plupart des pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine ont besoin d’un véritable visa visiteur (B1/B2) pour entrer aux États-Unis. Cela suppose de remplir le formulaire DS-160 en ligne, de régler les 185 $ US de frais gouvernementaux (MRV) et de passer un entretien dans une ambassade ou un consulat des États-Unis. C’est un vrai visa : plus de paperasse, de vrais délais pour obtenir un créneau d’entretien — mais, une fois délivré, il est souvent valable jusqu’à dix ans avec entrées multiples, selon la nationalité. Notre guide des conditions du visa B1/B2 détaille la procédure étape par étape.
UK ETA — le Royaume-Uni
Pour qui : tous ceux qui pouvaient auparavant se rendre au Royaume-Uni sans visa — y compris les Américains, les Canadiens, les Australiens et, depuis 2025, les citoyens de l’UE. Frais et validité : 20 £, valable deux ans (ou jusqu’à l’expiration de votre passeport), entrées multiples, séjours de six mois maximum. Une courte demande en ligne ou via l’application, généralement tranchée en quelques jours. Voyez notre guide de l’UK ETA.
ETIAS — l’Europe Schengen (pas encore ouvert)
L’ETIAS couvrira à terme les visiteurs dispensés de visa dans 30 pays européens : une seule autorisation pour tout l’espace Schengen, prévue à 20 € et valable trois ans. Le point crucial : l’ETIAS n’est pas ouvert et, en juillet 2026, l’UE n’a publié aucune date de lancement. Rien n’est exigé aujourd’hui — les voyageurs dispensés de visa continuent d’entrer en Europe exactement comme avant, dans le respect de la règle des 90/180 jours — et tout site qui prétend accepter dès maintenant des demandes ETIAS n’est pas légitime. Ce que l’on sait réellement figure dans notre guide de l’ETIAS.
eTA canadienne — le Canada, par voie aérienne
Pour qui : les ressortissants dispensés de visa (Royaume-Uni, UE, Australie, Japon et une cinquantaine d’autres) qui se rendent au Canada en avion ou y transitent — elle n’est pas exigée aux frontières terrestres et maritimes, et les citoyens américains comme les titulaires d’une green card en sont totalement dispensés. Frais et validité : 7 $ CA — la moins chère de toutes — valable cinq ans ou jusqu’à l’expiration de votre passeport, entrées multiples, séjours généralement plafonnés à six mois. Demande en ligne, souvent approuvée en quelques minutes. Tous les détails dans notre guide de l’eTA canadienne.
Laquelle vous faut-il ? Les cas les plus courants
- Un citoyen allemand (ou français, espagnol, italien…) qui visite New York → un ESTA. Tous les membres de l’UE relevant du programme d’exemption de visa y ont droit.
- Un citoyen indien qui se rend aux États-Unis → un visa visiteur B1/B2 via le DS-160. L’Inde ne fait pas partie du programme d’exemption de visa : aucun ESTA n’est possible.
- Un Américain qui visite Londres → une UK ETA. Les citoyens américains en ont désormais besoin pour tout séjour au Royaume-Uni jusqu’à six mois.
- Un citoyen brésilien qui visite Miami → un visa visiteur B1/B2. Le Brésil ne fait pas non plus partie du programme d’exemption de visa.
- Un Australien qui visite Paris → rien aujourd’hui. L’ETIAS s’appliquera une fois lancé, mais aucune date de démarrage n’est publiée : les voyages actuels sont donc inchangés.
- Un citoyen britannique qui prend l’avion pour Toronto → une eTA canadienne. Il arrive en voiture depuis les États-Unis ? Aucune eTA n’est exigée à la frontière terrestre.
- Un citoyen de l’UE qui enchaîne New York et Londres sur un même voyage → à la fois un ESTA et une UK ETA. Les autorisations sont propres à chaque destination, et un seul voyage peut en exiger plusieurs.
Votre situation ne figure pas dans la liste ? Le vérificateur de visa traite toutes les combinaisons que nous prenons en charge, et le portail des exigences de visa propose une page dédiée à chaque couple nationalité-destination.
Ce que les quatre autorisations ont en commun
- Toutes s’obtiennent en ligne avant le voyage et sont rattachées électroniquement à votre passeport : ni visite à l’ambassade, ni entretien.
- Aucune n’est un visa. Elles ne couvrent que les courts séjours : tourisme, rendez-vous d’affaires, visites familiales, transit. Travailler ou s’installer à l’étranger exige un vrai visa dans tous les cas.
- Toutes sont à entrées multiples : une seule demande, puis des voyages répétés pendant deux à cinq ans.
- L’approbation vous permet d’embarquer — c’est toujours le garde-frontière qui prend la décision finale d’admission.
Le B1/B2 fait figure d’exception : c’est un vrai visa, avec un vrai entretien. Si votre destination est les États-Unis, la voie qui s’impose à vous dépend uniquement de l’appartenance ou non de votre nationalité au programme d’exemption de visa — il n’y a pas de choix à faire entre les deux.
Budgéter un voyage dans plusieurs pays
Les frais gouvernementaux vont de 7 $ CA à 185 $ US, et un même itinéraire peut en cumuler plusieurs : un voyageur qui couvre les États-Unis, le Royaume-Uni et le Canada dans la même année pourra payer un ESTA, une UK ETA et une eTA avant même de réserver le moindre hôtel. Pour connaître le coût réel des formalités d’un itinéraire — options de traitement comprises — essayez notre calculateur du coût d’entrée.
En résumé
Croisez votre passeport et votre destination : ESTA ou B1/B2 pour les États-Unis (c’est le programme d’exemption de visa qui tranche), UK ETA pour le Royaume-Uni, eTA pour rejoindre le Canada en avion et — pour l’instant — rien de plus pour l’Europe tant que l’ETIAS n’est pas réellement lancé. Dans le doute, vérifiez exactement ce qui vous est demandé avant de réserver, et faites votre demande tôt : l’approbation rapide est la norme dans tous ces dispositifs, jamais une promesse.
Questions fréquentes
Puis-je avoir besoin de plusieurs autorisations de voyage ?
C’est possible. Elles sont propres à chaque destination : visiter les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Europe et le Canada la même année peut signifier détenir un ESTA, une UK ETA et une eTA canadienne — et, une fois lancé, un ETIAS pour l’Europe.
Et si mon pays ne fait pas partie du programme d’exemption de visa américain ?
Alors aucun ESTA n’existe pour vous. Il vous faut un visa visiteur B1/B2 : le formulaire DS-160 en ligne, les 185 $ US de frais gouvernementaux et un entretien dans une ambassade ou un consulat des États-Unis. Les citoyens de l’Inde, de la Chine, du Brésil et de la plupart des pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine passent par cette voie.
Quelle est l’autorisation de voyage la moins chère ?
L’eTA canadienne, à 7 $ CA. L’UK ETA coûte 20 £, l’ETIAS est prévu à 20 € et l’ESTA coûte 40 $ US — tandis que les frais du visa visiteur américain B1/B2 s’élèvent à 185 $ US.
Laquelle dure le plus longtemps ?
Parmi les autorisations, l’eTA canadienne, avec cinq ans ; l’ETIAS est prévu pour trois ans, tandis que l’ESTA et l’UK ETA durent deux ans. Un visa visiteur B1/B2 — un véritable visa, et non une autorisation — peut être délivré pour dix ans selon la nationalité.
Quand l’ETIAS sera-t-il lancé ?
Aucune date de lancement n’est publiée à ce jour, en juillet 2026. Rien n’est exigé pour l’Europe aujourd’hui — les voyages sans visa se poursuivent sans changement — et aucun site légitime ne peut encore accepter une demande ETIAS.
L’une d’elles est-elle un visa ?
Les quatre autorisations — ESTA, UK ETA, ETIAS et eTA canadienne — ne sont pas des visas : ce sont des approbations en ligne destinées aux voyageurs dispensés de visa. Le B1/B2 américain est un vrai visa, avec entretien consulaire, pour les nationalités que le programme d’exemption de visa ne couvre pas.
